Salimata l'africaine.
Acte III d'un conte érotique ayant pour scène le Burkina Faso

Elle se dirige vers moi à pas mesurés, faisant onduler son corps filiforme, pareil à un serpent venimeux; elle est là, impériale et irréelle sur le fond de scène des flammes, qui s'agitent au rythme de son corps, comme si elle faisait partie du tableau d'ensemble, une image envoûtante et perverse de l'Enfer. Elle s'approche et s'agrandit et m'envahit et la chaleur, petit à petit, m'enveloppe, torture mon corps comme si je m'intégrais au brasier, ou que je faisais partie moi-même de l'Enfer. Je le sens, c'est comme si mes vêtements s'enflammaient, mon corps se consume, et ma chair grésille comme une cire en fusion, puis l'ombre de Sali, telle une Chimère vorace et insatiable, m'enveloppe de ses chairs sombres, dénudées et chaudes comme l'Enfer; elle s'étend de tout son long sur mon corps, dans une étreinte charnelle qui exacerbe mes sens. Elle m'envahit comme une pieuvre aux chairs gluantes et me caresse et m'embrasse et me martyrise; mes sens s'agitent au contact de cette chair souple comme le cuir, qui glisse sur mes chairs fragiles et les scarifient au passage; elle m'emprisonne et je l'emprisonne des bras et des jambes, et nous plongeons ainsi l'un dans l'autre, basculant et roulant sur le sol irrégulier de la piste, écrasant les orties, fauchant les détritus, indifférents aux morsures qui blessent nos chairs, se violentant mutuellement, se mordant comme si nous allions nous dévorer l'un et l'autre, se pénétrant, copulant tels des fauves surexcités, et s'immolant par un rituel diabolique, dans un orgasme sans fin, une jouissance éternelle, qui dure, qui dure, qui perdure et qui dure encore et encore.
Devant moi, une ombre noire apparaît subitement, qui semble s'être détachée du brasier, comme un corps dénudé, celui d'une bête ou d'un être de couleur sombre, et qui s'effiloche au même rythme que les projections des flammes de l'incendie, comme si elle en faisait partie et s'en détachait, une ombre inquiétante qui s'avance dans ma direction. C'est Sali, dont le corps d'un noir luisant déchiré de flammèches rouges, m'apparaît dans toute sa nudité. 
Marco Polo ou le voyage imaginaire (Contes et légendes, décembre 1999) © 1999 Jean-Pierre Lapointe
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le 2007-09-22 12:52:13 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes africains
La charge de la fougueuse ghanéenne,
Acte II d'un conte érotique ayant pour scène le Ghana
à l'exception du pagne enroulé lâchement autour de sa taille et qui laissait voir les scarifications proéminentes qui décoraient le voisinage de son plexus solaire . Ses seins me sautaient au visage,
comme des pics arrogants, ils s'écartaient de part et d'autre du thorax en de majestueux monticules outrageusement pointus, ils ne portaient pas encore les traces des érosions irréversibles du temps.
C'était encore une jeune fille.
reposait toujours dans son ventre, immobile, pénitent. J'avais cette étrange sensation, un mélange de satisfaction et d'euphorie inconfortable qui accompagne le réveil d'une relation charnelle avec un être d'une autre culture, d'une autre race, cette étrange sensation d'avoir transgressé des lois immuables, des tabous, d'avoir franchi la frontière entre les cultures, participé à un rite initiatique, d'avoir violé sa tribu, d'avoir trahi ma tribu, transgressé les frontières morales de nos tribus respectives, trahi les mères, les épouses, les époux, les femmes de ma tribu, les hommes de sa tribu, c'était cela je crois le spleen indéfinissable, la mystérieuse euphorie qui meublait mon esprit, l'espace d'un instant, mon lingham toujours enfoui dans les couloirs secrets de son ventre de jeune fille primitive. Marco Polo ou le voyage imaginaire (Contes et légendes, novembre 1996) © 1996 Jean-Pierre Lapointe
(hommage à Leni Riefenstahl et le peuple de Kau)
le 2007-09-22 12:49:11 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes africains
Contes et légendes
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Ces pages contiennent des contes et des légendes érotiques relatant des faits imaginaires se passant dans des lieux réels explorés par l'auteur au cours de ses voyages dans les contrées africaines.
Ce sont des récits d'aventures sexuelles, illustrés d'images sensuelles et de musiques sensorielles.
Les personnages, les femmes et les filles africaines ainsi que les aventures, les actions et les lieux sont imaginaires et ne correspondent pas nécessairement aux us et coutumes des pays africains décrits.
Contenu à caractère érotique à lire sous les conseils d'un adulte à l'esprit ouvert.
la charge de la fougueuse Ghanéenne
Récit d'un accouplement fatal sur les routes d'Afrique, quelque part dans les arcanes du rêve.
Salimata la belle africaine
Récit d'un départ qui n'en fut pas un.
(escales futures)
les métamorphoses de la vierge Peule / la femme serpent du pays Dogon
l'amoureuse, une étrangère, ma fille, mon amour / les brigants Burkinabé / la rencontre avec la fille de Tarzan![]()
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le 2007-08-11 08:43:27 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes africains